
Compte rendu conférence Prof Amoa Urbain.
Le Professeur Amoa Urbain, a animé une Conférence publique ce jeudi 03 juillet 2025 à l’université catholique d’Afrique de l’ouest (UCAO) sise à Abidjan-Cocody.
Face aux auditeurs du centre de recherche et de formation professionnelle de médiation d’arbitrage et de négociation (cerfopman), dont le chef du village d’Attingué membre de la 5e promotion, le Titulaire de la Chaire de la Diplomatie coutumière Africaine, l’Ambassadeur de la culture et de la Paix de la chaire UNESCO à l’université de Bondoukou a exposé sur le thème «La Diplomatie coutumière africaine a l’épreuve de la résolution des crises.».
Au cours de cette rencontre, il s’est agi pour lui d’indiquer comment la Diplomatie coutumière africaine, différente de la Diplomatie Africaine, pourrait permettre à la Côte d’Ivoire de se libérer des tribulations politiques notamment avec l’administration française et non avec le peuple français.
Partant de l’historique conflictuelle de la Côte d’Ivoire avec entre autres comme points de repère la nomination par l’administration coloniale d’un commerçant Sénégalais comme du premier chef de Bouaké, les assassinats des chefs de Yamoussoukro de Kouassi ngoh et Ndri Kan, le déplacement du village d’anoumabo de Treichville pour installation des populations indigènes, l’installation du gouverneur pechaux avec pour mission de casser le RDA, l’émission d’un Mandat d’arrêt contre FHB, la répression de la marche de protestation à dimbokro contre l’arrestation de Samba, les modifications constitutionnelles de la constitution relative à la succession du president de la République, la préférence de FHB pour l’église catholique perçue comme une religion d’État, ou encore les investissements sur le transfert de la capitale à un moment où la paupérisation gagnait Abidjan, il a interpellé sur la nécessité résoudre les conflits à partir de sur leurs origines et en s’appuyant sur des mécanismes inspirés des us et coutumes du patrimoine culturel africain car «Qui dort sur une natte d’emprunt dort à terre».
Selon lui, «La diplomatie coutumière africaine se présente comme une science qui vise la quête de la vérité, de la mystique de la médiation et promeut une justice restauratrice au service d’une paix non pas durable mais permanente…Elle s’offre comme une science dont le support est la meta-communication. Discours poetisé, symbolisé. ».
Elle induit quatre attitude clés :
- Cesser de tenir des discours discourtois à travers les réseaux sociaux et les journaux
- Savoir écouter pour mieux comprendre
- Savoir demander avec humilité
- Savoir cultiver de façon consensuelle un esprit de cohabitation pacifique (…)
Elle fait aussi appel à des théories comme le consensualisme démocratique, l’élégance langagière, le dédoublement stratégique privé-public, l’évitement, la mystique des vibrations cosmiques et le Management de la fourmi.
Usant la symbolique de l’adingra « O bi nka bi », il a invité les uns et les autres à la culture du vivre en ensemble car «Si les fils et les filles des différentes régions décident de venger leur père, s’installera la Vendetta….Si les fils et les filles d’Afrique décident de se venger de la politique de Félix Houphouet-Boigny sous le diktat de la force coloniale …. La Côte d’Ivoire pourrait (francophone) disparaître.».
La conférence placée sous le parrainage de M. Djessou Jacques Marcel, Médiateur professionnel diplômé de la 5ème promotion du cerfopman,chef d’entreprise et Chef du village d’Attingué a été rehaussée par la présence SEM Aké ngbo Ex Premier Ministre de la Côte d’Ivoire et Président de l’Ascad,
du Directeur cabinet Ministère de la culture et
s’est achevée avec la dédicace de sa nouvelle oeuvre intitulée «Traité sur la diplomatie coutumière africaine».